Bien sûr, ils m'ont relâché... Mais je reste en observation...





Dimanche 8 novembre 2009
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Comment? ni riche, ni coquette, ni amoureuse? Ce n'est pas tout cela qu'il te faut, hein? Mais lascive, grasse, avec une voix rauque, la chevelure couleur de feu et des chairs rebondissantes. Préfères-tu un corps froid comme la peau des serpents, ou bien de grands yeux noirs, plus sombres que les cavernes mystiques? Regarde-les, mes yeux!

Antoine, malgré lui, les regarde.

Toutes celles que tu as rencontrées, depuis la fille des carrefours chantant sous sa lanterne jusqu'à la patricienne effeuillant des roses du haut de sa litière, toutes les formes entrevues, toutes les imaginations de ton désir, demande-les! Je ne suis pas une femme, je suis un monde. Mes vêtements n'ont qu'à tomber, et tu découvriras sur ma personne une succession de mystères!

Antoine claque des dents.

Si tu posais ton doigt sur mon épaule, ce serait comme une traînée de feu dans tes veines. La possession de la moindre place de mon corps t'emplira d'une joie plus véhémente que la conquête d'un empire. Avance tes lèvres! mes baisers ont le goût d'un fruit qui se fondrait dans ton coeur! Ah! comme tu vas te perdre sous mes cheveux, humer ma poitrine, t'ébahir de mes membres, et brûlé par mes prunelles, entre mes bras, dans un tourbillon...

Flaubert
La tentation de saint Antoine





Samedi 31 octobre 2009
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Quand je me suis réveillé, je n’étais plus le même homme. Mes pensées savonnaient, bavaient l’une sur l’autre, tout était confus, un peu étrange et la journée de la veille n’avait plus vraiment de réalité. Ça m’a rappelé ces années où je prenais des saloperies, où le monde virait à la faveur d’une impression, d’une émotion, d’une angoisse et où plus rien n’était stable, ni les formes, ni les couleurs, ni mon corps qui savait si bien m’inventer mes peines et mes délices…




Lundi 26 octobre 2009
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Quatre filles dans le vent, qui ne seront jamais en tête de gondoles...




Samedi 24 octobre 2009
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C'est marrant, elles étaient déjà assises là, dans ce square, il y a cinquante ans... Elles attendaient les deux gars fringants dont elles sont veuves maintenant. Elles se chicanent pour des bagatelles, tournent leur nez pour des riens mais sont copines depuis toujours.

Le samedi après-midi elles sont aux premières loges pour voir les mariés faire des photos sous les arbres, près du bassin. Elles font des pronostics sur la longévité des couples… "Y allez pas ! Ils seront divorcés avant qu'on soient mortes !». Elles balancent ça aux invités qui plaisantent en fumant et qui traînent pour aller poser sur la photo de groupe... Elles rigolent devant leurs mines interrogatives. Ça ne fait rire qu’elles, et encore, pas longtemps…

Mais elles savent aussi vieillir en silence. Parfois lassées par toutes ces heures qui se ressemblent, elles baillent. Leurs dentiers se décrochent et claquent. Ça les réveille à peine…

Quand on s'assoit à côté d'elles, elles ne se gênent pas pour vous dévisager mais dès qu'on les branche, elles sont bavardes. Il y a toujours un moment triste où elles finissent par dire que les années ont défilé trop vite. Pourtant, si on pousse l'entretien, elles estiment quand même que le temps est long... Au fond elles sont paradoxales. Quand on le leur dit, elles répliquent qu’elles ont passé l’âge de se faire insulter !

Entre nous, c'est le moment que je préfère pour mettre une tape sur le genou de Simone, pour me lever et me casser…



"Vies à la ligne" n'est pas arrivé partout... La distribution aurait pris un peu de retard... Cependant certains d'entre vous m'ont signalé qu'il était plus rapide d'aller le chercher en librairie (moi je vais ) que de le commander sur le Net. L'on peut bien sûr le commander sur le site Des Rêveurs...
Jeudi 15 octobre 2009
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Elle m'attendait Huguette.
— "Alors! vous m'aviez dit que j'y serais, et j'y suis pas dans votre bouquin! j'ai pourtant été gentille avec vous, moi! Vous vouliez voir ma nièce? ben je vous la présenterai pas! voilà! Vous vous débrouillerez sans moi... De toute façon les artistes, hein, on les connait! Des promesses, des séances de poses, et ça dérape! Dites pas non, il y a des précédents!
— Mais enfin Huguette... Votre nièce a vingt-trois ans!
— Pas question!!
— Vous serez dans le tome 2!
— Ah là, là... Monsieur Soluto... Vous, au moins, vous savez me prendre..."





Quinze mauvais jours de silence... Et pendant le lancement de "Vies à la Ligne" encore... Premier dessin posté depuis mon retour d'hospitalisation. Merci à tous ceux qui se sont manifestés, qui m'ont textoté leur attention, qui m'ont laissé de réconfortants messages de soutien et qui ont respecté mon souhait de ne pas être visité... Je vous embrasse tous...





Dimanche 11 octobre 2009
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Max a toujours de la sciure dans sa moustache. Il est menuisier en retraite, parait-il… Au bout du deuxième perniflard il dit qu'il va me filer un coup de main pour poser les placards dans la chambre de ma fille. On prend des rendez-vous, je l'attends, il vient pas... Il a l'air à chaque fois tellement catastrophé que j'ose pas l'engueuler. Mais ma gamine, qui ne sait rien de sa tronche de Gepetto contrarié, elle grognonne ! Déjà qu'elle est pas contente que maintenant je traîne un peu dans les bistrots, le soir, après le gratin… Elle, elle me dit que si j'avais commandé la pose en même temps, chez Casto, ça serait fait! Je peux quand même pas lui avouer que j'ai tiré ces foutus planches et cent vingt-cinq mètres de cuivre sur un chantier avec Lulu. Ça ferait encore des histoires. C’est qu’elle est pas commode ma fille ! Elle a le même caractère que sa mère…

Oh sa mère… Le tableau… Je supportais plus…

J’y ai foutu le chaud Roger dans les pattes, à ma grosse. Il était pas contre. Tu penses… Depuis qu’il est veuf, c’est pas souvent qu’il quimpe… On s’était arrangé tous les deux, mis d’accord sur le prix du service. Hé ! Entre nous, il se la pète le Roger, ses charmes valent pas le montant qu’il exige. Si j’ai banqué cher, c’est pour conclure vite… Je leur suis tombé sur le poil, entre deux dépannages, un midi, prétextant un yaourt pour compléter ma galtouse! Ah, fallait les voir ! Ma pauvre Maryse qui débordait de sa nuisette en satinette et mon Roger qui lui roulait des saucisses, le valseur à mi-cuisse… Ajoutez en bande son le canapé du salon qui grinçait rythmiquement ! Un régal d’amateur de cocasse ! Bon, passons… J’ai fait mon numéro ! « Salope!» que je gueulais, les bras en l’air… Et tandis qu’elle ramassait son string noir (pauvre Maryse…) pour battre en retraite dans la chambre à coucher, je faisais les deux pouces triomphants à mon cabot de Roger qui se marrait comme une baleine… « J’ai cru que t’allais jamais arriver » qu’il m’a dit à l’étouffée en remontant son falzar. On a beau avoir cinquante piges, on est restés gamins…

Trois jours après, penaude, elle avait foutu le camp. On s’emploie pendant des années à dégouter son conjoint sans succès alors qu’il suffit d’une combine amusante pour vous en débarrasser… Ce que c’est, tout de même, d’avoir de l’imagination… Où j’en étais ?…  Oui, ma fille… Je pensais qu’elle prendrait fait et cause pour sa vieille, moi, et qu’elle lui emboiterait la tangente… Ben, pas du tout ! Elle a pas digéré l’incartade de sa mère ! Veut plus la voir ! Elle s’impose une mission : rester avec moi pour pas que je me laisse abattre. Elle interprète mes apéros du soir comme des « tentatives d’automédications antidépressives » (elle ferait bien d’arrêter la fac de psycho, ça lui prend le chou !)…

Et en plus elle m’emmerde pour que je lui monte ses placards !!!  

Va falloir que je monte une bricole pour m’en débarrasser… Je crois qu’il est grand temps que je l’aide à conclure son œdipe…










Vendredi 25 septembre 2009
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L’air était à bout de souffle et la poussière scintillante, soulevée par leurs pas, resta suspendue. Ils étaient là, délicieusement pris dans la lumière de l’été sans savoir s'ils avançaient ou reculaient. Le sens de l’éternité, par distraction, venait de les investir. Ils étaient délivrés…

 

Les éditions des Rêveurs m'informent que le livre "Vies à la ligne" est disponible ici et

 




Lundi 21 septembre 2009
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