A seize ans j'apprenais, dans ma chambre bleue nuit, rue Jean-Jacques Rousseau à Oissel, des poèmes de fin de vie... Un mot, une rime les délogent des plis de ma mémoire. Ils me reviennent tout entier. Je n'en finis plus de marcher vers eux...




Je tombe, je tombe, je tombe
Avant d'arriver à ma tombe
Je repasse toute ma vie
Il suffit d'une ou deux secondes
Que dans ma tête tout un monde
Défile tel que je le vis

Ces images sous mes paupières
Font comme au fond d'un puits les pierres
Dilatant l'iris noir de l'eau
C'est tout le passé qui s'émiette
Un souvenir sur l'autre empiète
Et les soleils sur les sanglots

Ô pluie, ô poussière impalpable
Existence couleur de sable
Brouillard des respirations
Quel choix préside à mon vertige
Je tombe et fuis dans ce prodige
Ma propre accélération



Louis Aragon (le Roman Inachevé)








Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 08:37
- Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Retour à l'accueil

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche




Derniers Commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés