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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 08:37
















A seize ans j'apprenais, dans ma chambre bleue nuit, rue Jean-Jacques Rousseau à Oissel, des poèmes de fin de vie... Un mot, une rime les délogent des plis de ma mémoire. Ils me reviennent tout entier. Je n'en finis plus de marcher vers eux...




Je tombe, je tombe, je tombe
Avant d'arriver à ma tombe
Je repasse toute ma vie
Il suffit d'une ou deux secondes
Que dans ma tête tout un monde
Défile tel que je le vis

Ces images sous mes paupières
Font comme au fond d'un puits les pierres
Dilatant l'iris noir de l'eau
C'est tout le passé qui s'émiette
Un souvenir sur l'autre empiète
Et les soleils sur les sanglots

Ô pluie, ô poussière impalpable
Existence couleur de sable
Brouillard des respirations
Quel choix préside à mon vertige
Je tombe et fuis dans ce prodige
Ma propre accélération



Louis Aragon (le Roman Inachevé)








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Published by Soluto - dans De Chine...
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commentaires

moonstone 20/09/2009 04:21

Tant d'émotion... si je peux ajouter ma pierre à l'édifice, je vous livre mon admiration pour ce poème mis en musiquehttp://www.deezer.com/fr/#music/result/all/tordue%20tombe

julie M 11/05/2009 17:55

Comme sylvie... à peine j'ai vu le dessin et j'ai pensé au dormeur du val et toute l'émotion de ce poème... Puis j'ai lu vos mots, ceux d'Aragon et comme la première fois où je suis venue ici, je me suis dit : tant d'émotion en si peu d'espace! Merci. :-)

L'atelier d'Annik 08/05/2009 14:37

Ce qui est fantastique, c'est qu'il paraît juste en train de s'évanouir. La tête part en premier, elle est dans le songe, déjà. Les bras vont suivre, le corps penche, mais les jambes n'ont pas encore réalisé qu'il n'était plus là… Comment fais-tu pour habiter à ce point un instant, surtout un tel instant… En plus ce dessin (comme tous les bons dessins) donne une dimension supplémentaire au poème, celle de l'éternité que dure un instant d'évanouissement, où tous ces mots peuvent se dérouler dans l'esprit en une fraction de seconde. Je suis fascinée.

sylvie 08/05/2009 11:09

Il a un côté dormeur du Val ce tombeur tombé....Un déséquilibre étonnant dans votre dessin, plaisant à l'oeil 

josée 07/05/2009 12:29

C'est comme ce test de "confiance", on se laisse tomber et les autres sont sensés nous attraper, mais ils ne sont pas là.......Bon dessin, encore..